Village au milieu de l’eau/ Lauzoua,un trésor touristique ignoré

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Connu pour sa mine de manganèse, l’île de Lauzoua a un véritable potentiel touristique. Mais ce trésor attend depuis longtemps d’être mis en valeur et exploité.
L’on est en milieu d’après-midi. Une demi-douzaine de personnes joue aux dames au bord de la lagune. La brise fraiche souffle, rendant l’atmosphère très douce. Le village de Lauzoua semble au repos. Les rues étroites et droites du village, sont presque vides. Quelques enfants jouent pourtant au ballon sans que leurs cris ne dérangent le calme ambiant.
Entourée de toute part de l’eau de la lagune Tadjo, Lauzoua est une île où tout le monde vit comme au sein d’une même famille. Au milieu, est bâtie l’église harriste alors que les temples Méthodistes et catholiques sont plus à gauche et bénéficient chacun d’un espace un peu plus grand.

La pirogue, seul moyen d’entrée et de sortie du village.

C’est l’heure de préparer le souper du soir. Bientôt, seules, en couple ou en compagnie d’enfants, les femmes du village reviennent des champs en pagayant sur l’eau. Même les enfants savent manier la pirogue qui reste le seul moyen d’entrée et de sortie du village. On note d’ailleurs que certaines pirogues contiennent du bois de chauffe. C’est un spectacle saisissant d voir chaque matin, des femmes et des hommes tenir chacun, en plus de la machette, une pagaie pour aller au champ. Au bord de la lagune, les embarcations sont parquées en ligne. Elles sont cadenassées aux cocotiers à l’aide de chaînes. « Ce n’est pas trop à cause des voleurs mais l’eau peut monter à cause de la pluie et emporter la pirogue », explique un jeune homme.

Des luxuriantes végétations qui font rêver

Lauzoua est surtout un archipel dont une seule île est habitée. Les autres sont de luxuriantes végétations qui font rêver. Que dire des plages lagunaires, étendues, peu profondes et calmes ! Des espèces rares comme le lamantin abondent dans les eaux. « Souvent un lamantin vient se placer sous la pirogue et l’on a l’impression d’avoir échoué sur un bac de sable. D’autres fois, il se met derrière la pirogue et jette un souffle chaud sur les gens. Ce sont des animaux amusants », soutient Digbo Fidèle, un fils du village.
Cependant, il est triste de noter qu’aucune activité touristique n’existe à Lauzoua. Aucun hôtel, aucun un restaurant ! L’électricité est fournie par des moteurs Diesel. Et pour avoir de l’eau potable, les femmes doivent se rendre dans la partie continentale où deux pompes hydrauliques ont été aménagées. Une à l’école l’école primaire et l’autre dans le village. Pour fréquenter cette école, les enfants doivent chaque jour, traverser à pirogue la lagune. Quelques villageois ont choisi d’aller vivre dans la zone continentale. C’est là que se trouvent, outre l’école, le centre de santé urbain et la sous-préfecture.

Une île qui compte pourtant en pays Dida

Connue depuis longtemps pour son manganèse exploité non loin, l’île compte pourtant en pays Dida. Elle a donné à ce peuple, son tout premier sous-préfet, feu Bally Pierre décédé en août 1968 dans un accident de la circulation, alors qu’il était en poste à Bondoukou. Puis un autre éminent administrateur en la personne de l’ancien Ministre Zirimba Aka Marcel qui jouit d’une retraite méritée à Abidjan. « Il vient souvent au village. Mais du fait du COVID-19, tout le monde est confiné à Abidjan », explique Digbo Fidèle. M. Dogo Trilet, chef de la zone continentale, se désole : « On n’a jamais fait la promotion du tourisme ici. Les étrangers nous disent que nous avons un beau village mais nous ne remarquons pas cela ».
Contrairement au passé, les eaux de la lagune Tadjo ne sont plus du tout poissonneuses. L’activité de pêche y a presque disparu. Le tourisme aurait donc pu donner à la localité, un nouveau souffle. Mais hélas !
Paul D. Tayoro
(envoyé spécial)

Auteur de l’article : david