Entreprenariat/contrariée par la COVID 19, Eburnie Denrées à la recherche de financement

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N’Guessan Yao Hubert est très contrarié par la crise sanitaire.Directeur Général d’ Eburnie Denrées, son projet connaît des difficultés à cause du Coronavirus. “Nous avons créé Eburnie Denrées en février 2020. Nous sommes spécialisés dans la production et la distribution du vivrier tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Nous nous intéressons particulièrement aux ignames. Nous nous appretions à faire partir en France notre premier container 4 pieds quand les frontières ont été fermées à cause du COVID-19. Nous avons ainsi perdu 12 millions”, regrette-t-il.
Au plan national, les recettes ont aussi chuté. ” Nous avions des recettes journalières de 100.000F CFA. Mais avec le COVID-19, on n’a même pas 10.000FCFA par jour. Les clients se font rares. Mêmes les Ahoussa qui viennent prendre nos ignames pour aller les vendre dans des cuvettes sur la tête les ramènent”, ajoute-t-il. Autres difficultés suscitées par la crise sanitaire, Eburnie Denrées devait cultiver 5 hectares d’igmames. Mais compte tenu du confinement, les responsables n’ont pas pu sortir d’Abidjan.

Relancer le projet de production

Mais N’Guessan Yao Hubert ne veut pas se laisser abattre. Non seulement il entend relancer le projet de production mais aussi il compte élargir sa surface de distribution. ” Là où nous prévoyions 5 ha, nous allons tout de même cultiver 3 ha d’ignames. Cela nous donnera 60 tonnes. Ce qui fera environ 12 millions de FCFA. Et après le Coronavirus, nous reviendrons à 5 ha. Le terrain est déjà disponible à Toumodi”, projette-t-il.
La cinquantaine, N’Guessan Yao Hubert est l’un des rares Ivoiriens qui opèrent dans ce domaine de la distribution du vivrier. ” Ceux qui détiennent le marché ce sont des étrangers, nos frères de la sous-région. Allez-y au Forum d’Adjamé, vous ne trouverez pas plus de 5 Ivoiriens(Baoulé, Senoufo, Koyaka). Et quand un Ivoirien y vient, ils le combattent. Ils donnent des semences à nos producteurs locaux, vont payer leurs productions à vils prix et reviennent faire de gros bénéfices avec les ventes”, révèle-t-il. Aussi estime-t-il que, pour qu’un Ivoirien tire son épingle du jeu, il lui faut beaucoup de moyens. Il dit se souvenir que, pour que N’Sikan arrive à tenir et réussir dans le transport, il a fallu qu’il soit aidé. Les banques et l’État l’ont soutenu. ” De la même façon, un Ivoirien qui veut faire la distribution des ignames a besoin de l’aide de l’État. Moi je suis à la recherche de financement. Et s’il y a des financiers qui cherchent des structures crédibles c’est Eburnie Denrées”, rassure-t-il.

Responsable d’approvisionnement

Sa crédibilité, N’Guessan Yao Hubert la fonde sur son expérience en matière d’approvisionnement, sur ses partenaires producteurs et sur les clients à qui il livre les productions.
Son expérience: le Directeur général d’Eburnie Denrées a juste le niveau Terminale. Mais il s’est forgé au Centre de Recherche de Technologie sis à Cocody. Il s’est spécialisé en beure de Karité. Après sa formation,il a travaillé à Karivoire où il était responsable d’approvisionnement pendant 10 ans. C’est à Karivoire qu’il a appris à monter des projets auprès de Monsieur Loukou Michel. Faire un business plan n’a pas de secret pour lui. Ensuite, il a travaillé à Huilivoire. Il était également responsable d’approvisionnement.Ce qui lui a permis de parcourir tout le pays et toute la sous-région. Il a été ensuite rapporteur d’affaire à la SOCOPAO devenue SAGA. C’est après cela qu’il décide en 2010 de travailler à son propre compte. Mais la crise postélectorale intervient. Il temporise. Après la crise, il rêve toujours de se lancer mais il laisse tout pour se rendre à Hiré où ses parents vivent et où ils ont des plantations. ” Pour moi, iln’y a pas de projet qui vaille s’il ne met pas ma famille au centre de mes intérêts. J’ai dû tout abandonner pour aller défendre les intérêts de mes parents menacés par une société minière et des orpailleurs clandestins armés”, confie N’Guessan Yao Hubert. Ce combat, il le continue. Et ce n’est qu’en février dernier qu’il met en place Eburnie Denrées.
Ses partenaires: il a le soutien du Centre Ivoiro-Suisse à travers le programme Yamsys pour la production en quantité et en qualité d’ignames. “Avec ce programme, il n’y pas de problème de ravitaillement. Yamsys apporte son assistance technique et financier à des producteurs qui nous fourniront les ignames en plus de ce que nous allons produire nous-mêmes”, relève-t-il. Joint au téléphone par Azooda.com, Dr Gaza du Centre Ivoiro-Suisse a confirmé ce partenariat.
Ses clients: N’Guessan Yao Hubert dit qu’il livre à l’intérieur comme à l’étranger. Au plan national ses clients sont les prisons civiles avec qui il passe des marchés gré à gré pour des quantités d’ignames pas très importantes mais dont la livraison se fait spontanément. Il a initié des pourparlers avec d’autres institutions comme le CROU d’Abidjan et l’ENA. ” Des responsables de banques sont venus visiter notre magasin. Ils sont prêts à nous accompagner. Aussi des documents légaux de livraison seront-ils nécessaires.
S’il obtient la confiance des financiers, ses perspectives sont de produire davantage, d’obtenir du matériel roulant pour vendre moins cher.
Eburnie Denrées, c’est pour l’instant deux magasins d’ignames: un à Yopougon Niangon Nord, capable de recevoir 200 tonnes et l’autre à Bonoua d’une capacité de 20 tonnes. Apres la crise sanitaire, il projette d’ouvrir d’autres magasins à Abidjan.
Pour lui, il est indispensable d’aboutir à la transformation de nos matières premières agricoles en produits finis. On peut par exemple faire de la poudre d’ignames, la conditionner dans des emballages. Et les consommateurs peuvent en faire du foutou ou de la bouillie comme avec le maïs. Des frites d’ignames en boîtes sont aussi faisables selon le responsable d’Eburnie Denrées.” En Malaisie, au Laos ou au Cambodge, quand tu entres dans un champs de Café, tu en ressorts avec des capsules de café. Ils y ont de petites unités de transformation. Eux ils ont pourtant découverts le café dans les années 80. Il nous faut arriver à transformer en produits finis nos matières premières si on veut mettre fin à la pauvreté dans notre pays”, conseille N’Guessan Yao Hubert.

Dan Opéli

Auteur de l’article : david