Azito Palmeraie/du maquis au complexe hôtelier, la marque d’un jeune plein d’idées

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Le téléphone sonne.Au bout du fil, un potentiel client. ” Bonjour Monsieur, faites-vous des passes?”, demande-t-il. “Non, on ne fait pas de passe ici”, coupe Arthur. ” Ok, dites-moi les prix des nuitées”, reprend l’interlocuteur. “Je vous les envoie par SMS”, indique le recepteur. “Pourrais-je aussi avoir les prix des boissons et vos différents menus?”, sollicite aussi l’homme. “Pas de souci, tout de suite”, rassure le gérant. Dès qu’il raccroche Arthur justifie sa réponse. “Nous ne faisons pas de passe. Les passes dégradent les lits et les draps et exigent plus de dépenses car il faut chaque fois laver le linge. Ça met une forte pression sur le personnel de service et ça impacte négativement le prestige d’un receptif”. La passe, faut-il le préciser, est le temps d’une ou 2 heures qu’un couple met dans une chambre d’hôtel. C’est une pratique très courante dans les petits hôtels du pays.
Au départ juste un maquis
La conversation téléphonique ci-dessus résume ce qu’est devenu Azito Palmeraie, un complexe hôtelier géré avec rigueur et sérieux. La marque d’Arthur Koudou, jeune homme d’une trentaine d’années. Quand son père Benson Koudou lance le projet en 2005 au bord de la lagune dans le petit village d’Azito situé à Yopougon derrière Niangon terminus 27, c’est au départ juste un maquis-restaurant dénommé Azito Palmerais. Ça démarre néanmoins très fort avec la caution des autorités municipales de Yopougon. “Les travaux ont débuté en mars 2005. L’inauguration a été faite le 10 décembre 2005 sous la présidence et la présence effective du maire de l’époque Felicien Gbamanan Djidan, la présence de la notabilité villageoise d’Azito avec la prestation artistique de Nahounou Paulin et Fitini”, rappelle Benson Koudoua. Dans l’espace de 1200m2, il met du sable fin et plante des palmiers. Ce qui donne une allure de plage avec cocotiers.Benson Koudou installe une paillote sur le coté droit et la cuisine sur le côté gauche et au milieu, sous les palmiers, il met tables et chaises. La gérance est d’abord confiée à un jeune homme puis à une dame. ” J’avais des occupations professionnelles. Je ne pouvais donc pas pleinement m’occuper du restaurant” , confesse-t-il. Qu’à cela ne tienne, le lieu devient très vite un refuge pour des personnes éreintés par le brouhaha d’Abidjan. La propreté, l’ombrage des palmiers, l’eau, et cette vue de l’autre côté de la lagune: l’île Bouley. Le tout donne un air d’evasion à Azito Palmeraie.
Le lieu se dégrade
Quelques années après, la clientèle augmente. D’autres paillotes sont construites. En plus des clients habituels, s’y retrouvent des groupes sociaux pour des réunions, des jeunes pour des anniversaires. Mais le ciel s’assombrit. La crise postélectorale arrive. La gérance tâtonne. Le lieu se dégrade. Benson Koudou opte pour la mise en location en 2012. Une dame accepte l’affaire mais ne respecte pas ses engagements de loyer. Un procès. La Dame est sommée de partir. Curieusement Arthur montre un intérêt pour le business qui décline.”Mon père voulait que je me tienne loin de là. Que je m’occupe de mes études”, révèle-t-il. ” Mes enfants étaient à l’université et grande école. Je ne voulais pas qu’ils se mêlent du restaurant”. Arthur obéit et obtient sa licence en criminologie. Il s’inscrit en maîtrise. En 2014, après le procès contre la locataire, son père décide de remonter la pente avec des aménagements.Mais Arthur qui a sa licence de criminologie ne prend pas le chemin des centres de concours. Il a des idées pour Azito Palmeraie. Aussi insiste-t-il pour demander à son papa de le laisser prendre les choses en main.

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En 2014, Benson Koudou donne plein pouvoir à son fils avec obligation de résultats. Arthur déroule son plan. Il refait l’apatham principal, aménage en hauteur un lounge bar ouvert avec des fauteuils. Derrière l’apatham central, c’est l’eau. Mais Arthur est un jeune homme qui repousse les limites par ses idées. Il y crée une plate-forme couvert. Les clients peuvent y prendre place. Il casse des magasins de stockage et élimine un vaste apatham pour sortir de terre un hôtel de 11 chambres: 6 standards, 4 privilèges et 1 suite.” Les services du ministère du tourisme sont arrivés ici. Ils ont inspecté nos lieux et ont conclu que nous avions un hôtel deux étoiles” , révèle le jeune gérant.
Décor et service de haut standing
Côté cuisine, aux traditionnels mets, il ajoute des spécialités maison avec la soupe de pêcheurs, les crabes poilus braisées. Aux boissons, il introduit des cocktails maison et surtout la bière à pression. “Nous voulons donner un décor et un service de haut standing pour des prix moins élevés”, note Arthur. Il met un accent particulier sur la prestation du personnel assurant le service.” C’est extrêmement important. Il faut que le client se sente à l’aise. Il faut qu’il soit bien accueilli, servi avec spontanéité et politesse. J’insiste sur ces qualités”, note Arthur.
A Azito Palmeraie, depuis le début en 2005, la distinction c’est zéro musique. Le fils Koudou a conservé cette tradition.” En ville, les gens sont agressés par beaucoup de bruits, le soleil.En venant ici, ils ont besoin de nature, de l’ombrage, de l’eau, du calme, pour se relaxer, se régénérer”. Arthur dit qu’il pratique la stratégie de grande qualité aux petits prix et une communication de masse avec les réseaux sociaux, Facebook, watsapp, Instagram. Résultats, la clientèle s’est renforcée et s’est diversifiée. ” Avant la crise postélectorale, la grande majorité de nos clients, c’était les personnes âgées. Aujourd’hui, adultes et jeunes se côtoient”, souligne le jeune homme. Le père salut la performance du fils. ” Athur est excellent. Je suis très satisfait du travail qu’il fait. Je suis très fier de lui”, avoue Benson Koudou. Et à juste titre. Puisque les clients affluent. Avant la COVID, c’était le plein des 500 à 600 places les week-ends. Des clients à qui le cadre a manqué pendant la fermeture des maquis et restaurants. Mais depuis l’autorisation de réouverture, Ils reviennent progressivement. Ils arrivent, attirés par le cadre. Ceux qui ont les véhicules ne craignent plus de coincer dans la boue en temps de pluie et dans le sable en saison sèche. Depuis 2015 la voie qui y mène est bitumée. Alors c’est avec aisance que les pancartes “Azito Palmeraie ” qui annonçaient le maquis a fait place à ceux indiquant le “Complexe hôtelier Azito Palmeraie


Dan Opeli

Auteur de l’article : david